lundi 27 juin 2016

Impression d'été.

Fête sur la place. 23 juin 2016 BC


Le soir d’été,
Dame nature organise son concert,
Laissant demoiselle cigale prendre son repos,
Pour donner le relais au grillon,
Parfois le chant de quelques crapauds,
Près d’une mare.

Derrière les volets fermés,
Aux fenêtres ouvertes,
Le son de la modernité lui fait écho.

Se dépose le piaule de la buse,
S’éveille le hululé de la chouette.
Le soir venu,
Luit l’impudique nu,
Luciole, phare des haies.

Partout à la Saint-Jean,
On danse autour du feu de camp.
Le soir d’été,
Les fêtes de village enchantées,
Chamboule tout, jeux de quilles, bal populaire,
Sous l’abri des platanes.

Aux jours d’été,
Les foins fauchés, séchés,
Remisés au grenier,
Réserve pour la morne saison.
Humer l’herbe fraichement coupé,
Avant, qu’une fois séchée, elle ne gratte la peau,
En déposant ses gerbes sur le chariot,
Plonger dans la rivière,
S’y rafraîchir et retirer la poussière.
En ce lieu, se coupe l’orge, le blé ou l’avoine,
La saveur chaude du chaume,
Récemment fauché,
Où repose la céréale en attente d’être battu !
Base de vie, son grain,
S’invite à la pause, goûter son pain.

À la fraicheur du matin,
Au verger s’imprégner du suave abricot,
Nectarine ou pêche.
Tresser la fleur d’églantine,
Diadème de la mariée d’été.
Dansent les hirondelles dans le ciel d’azur,
Alors que le lézard s’étire sur le mur gorgé de soleil.
Papillons, abeilles se délectent du nectar des fleurs.
Le veau, le poulain, cabriolent dans les prés.

À vélo, sacoches, porte-bagages chargés,
Les cyclotouristes passent sur les chemins,
De découvertes en découvertes.

Le citadin s’allonge sur le sable chaud,
Du littoral à la recherche d’un réparateur repos.

Rentrer les gerbes  des céréales,
Les empiler dans la gerbière,
Attendre la batteuse.

L’azur est trop bel,
Pour être honnête,
L’horizon s’obscurci,
L’azur noirci,
Vulcain travail le fer,
Les étincelles jaillissent de l’enclume,
Tremble, gronde l’atelier du forgeron,
Tremper le métal en fusion dans le bassin,
Débordement de la cuve,
Déversement sur le tapis  multicolore de l’été,
Le cœur de l’été s’étire
Avec tous ses délices,
Ses plaisirs,
Ses désirs,
Premiers émois,
Des amours passagères,
L’été danse,
Avant que ne foule le raisin…

B.Cauvin©25/06/2016

samedi 25 juin 2016

Le blues!

Merci à son auteur.


Le blues, 
 la gueule de bois, 
  réveille amer, 
Peut-être, 
 pas si sûr.

Le blues, 
  la gueule de bois, 
   réveille amer
   pour ceux qui le croient.

Le blues, 
  la gueule de bois, 
   réveille amer, 
     faut semblant
   de l’attendu.

Le blues, 
  la gueule de bois
   réveille amer
 au tout libéralisme.

Le blues, 
  la gueule de bois, 
   réveille amer,
pour ceux du Royaume-Uni
 voulant garder l’union.

Le blues, 
 notes de musique
  pour une nouvelle chance
   d’une Europe digne de ce nom
     dans sa grande union.

Le blues, 
  sur la portée
   recomposer l’air à jouer, 
d’une gigue, d’un concerto, 
  en écrire la symphonie,
  effacer le menuet, 
   d’une doctrine poudrée, 
comme la perruque d’un temps dépassé, 
   remixer, pour demain, Eugène Potier, 
    debout les damnés de la terre, 
     pour un monde à refaire.

Le blues
  n’a plus le goût amer, 
   mais l’harmonie
    d’une œuvre qui s’épanouit.

B.Cauvin©24/06/2016




 



dimanche 12 juin 2016

Avancez!



Avancez !
Avancez, qu’il dit,
Avancer, vers quoi,
                 vers qui,
                 vers où !
Peu importe,
Mettre les pieds l’un devant l’autre,
Et avancer.
Alors, on avance.
Non sans rechigner,
Mais on avance…
Vers qui ?
Celui, ceux qui nous enseignent le monde,
Celui qui impose sa loi !
Intérieurement, on s’en moque de son autorité.
C’est sûr, elle sautera, comme celle des autres,
Il le sait ou pas,
Y croit ou pas,
Mais un jour viendra où l’homme libre lui, saura !
Errer sur le chemin du destin,
Petite sente pour le sien.
Large artère pour l’humanité,
Que chaque pas fait avancer,
En bien, en mal,
En mal, en bien.
Roue de la cage que l’on fait tourner,
Pour que vienne le meilleur,
Pour trouver, faire un autre monde, 
Pas celui qui semble étouffer,
Le besoin de s’en occuper,
De changer d’air, d’aller plus loin,
Plus haut que nous même,
Faire chanter la planète,
Danser les étoiles,
Sur la scène au décor bleu,
Perdue dans l’univers des tourments,
Avancer,
Coucher les mots sur le quadrillage de la vie,
Tourner la page,
Avancer,
Courir sur la piste,
Combattre l’élément hostile,
Bâtir l’étoile de la vie à son sommet,
Passer le flambeau quand les pas vous trahissent,
Avancez,
Ne rien lâcher de nos envies,
Donner ce que nous avons apprit,
Combattre ce qui l’obscurci,
Avancer,
      En homme libre.
B.Cauvin©11/06/2016






jeudi 9 juin 2016

Rose!



Le jaune te va bien,
Mariage avec le vert,
Ton support,
Et ton héritier.
Tu peux changer de costume,
Ce n’est pas une raison opportune,
Juste la folie des couleurs.
Pâleur du rose,
Au lever du jour,
Tu peux être rouge vermillon,
Éblouissant de la journée,
Changer de robe,
Pétales blancs,
Pour l’innocence,
Que tu ensences,
En laissant ton essence,
Envahir les joues de l’air.
Violine en recherche du noir,
Qu’un jour  un géniteur en sortira l’histoire,
Belle, tu te pares, de mille éclats colorés,
Que l’amant à genoux vient adorer.
Il aime faire ton portrait sur une toile,
Le moins doué, te couchera en photographie,
Pour les uns et les autres, tu les laisses te croquer,
Jusqu’à devenir gourmandise,
Ô ! Rose, belle de jour,
De nuit à la boutonnière du galant,
Emblème de douceur,
Ravissement de nos cœurs,
Tu te défends de celui qui point t’apprécie,
De tes épines, tu le châties.
Déclamé par le poète,
Chanté par l’amoureux.
Au couchant, tu te fais prude,
Sachant qu’après le beau, arrive le rude,
Instant, où emporté par le vent,
Tu éparpilles ta jeunesse,
Loin, de ta maison nourricière,
Voyage éternel où succède l’héritage,
D’un bouton qui ne demande qu’à éclore,
Afin que nul ne t’oublie ou t’ignore…
B.Cauvin©09/06/2010







vendredi 27 mai 2016

Solitaire!

Merci à l'auteur-e- de ce gif


Il se balade au bord du canal,
Le soleil inonde le  paysage,
Les mains dans les poches,
Imitant Gavroche.
Parfois sautillant comme un criquet,
Il siffle des airs que lui seul connaît.


Au loin, derrière lui,
Chante, crie, hurle la vie !
Il le sait, mais cela point ne l’ennui.

Sur son épaule, l’univers s’étire,
La tache humide prend vie,
Elle ne sera pas seule,
Une autre et encore d’autres le touche,
Il n’aime pas cet entre-deux,
Cette frontière du temps,
Où la pluie commence à coller le tissu sur sa peau,
Il sait, ralentit le pas.
Dans quelques instants,
Sur ses épaules tombera le chant de la pluie,
Il sera trempé,
Non pas qu’il ait plongé dans ce chenal.

L’averse orageuse aura l’effet d’une chute dans le canal,
Le tissu lui fait une seconde peau,
Il s’ébroue, continue de siffler, de chanter.
Il est heureux comme un pinson,
Se sent dans l’eau l’âme d’un poisson.
Pas d’affolement au cœur des zébras,
Que le Dieu de l’Olympe lance en travers ciel.

En ce jour ensoleillé,
Il sent ses jambes plier,
Il est à genoux, relevant la tête,
Son corps vacille dans le chant de blé,
Pour lui un lit encore chaud,
Son regard fixe vers le ciel ombrageux,
Sur ses lèvres un sourire bien heureux,
Son corps se raidit,
La pluie emporte sa sève au cœur de cette terre,
En ce jour d’été et d’enfer,
Il ne se sentait pourtant pas l’âme d’un héros,
Quand la mitraille s’abattit sur son dos.

Bernard-Cauvin©27/05/2016



lundi 23 mai 2016

Chevelure!

  


 Sur les rives du Rhône, une jeune fille se promène, elle passe. Sa chevelure d’or posée sur ses épaules.
 Éole, facétieux se met à souffler très fort, si fort qu’il est comparable à une turbine d’un banc d’essais de la Royale.
 Son visage ne bronche pas, pourtant avec la force de ce vent il aurait dû faire moult grimaces plus enlaidissantes les unes que les autres.
Non le visage restait lisse, beau, tendre, plein d’amour !
 La chevelure se soulève tout en délicatesse, s’agite, s’étire, s’étire à n’en plus finir.
 Je remarquais de la poussière qui s’en évadait, je regardais au plus près, ce n’était pas des poussières, ni des parasites, je me trompais sans doute.
Le regard comme une loupe, et s’envolaient des lettres, elles s’évadaient de la pensée de la jeune fille. Semé au vent comme la Semeuse jettent à la volée des graines de semences.
 Sortent à la pointe des mots qui s’écrivent sur le tableau bleu du ciel. Amour, love, amor, tendresse, bisous, câlins, caresses, bonheur, joie, peine, pleurs…
Oh ! Là, Racine qui écrit ses vers…
Et Shakespeare qui lui répond, « Être ou ne pas être »… Rodrigue as-tu du cœur… arrive Corneille !
Encore et encore, le bateau ivre, le dormeur du val, les mains dans les poches, on est pas sérieux quand on a dix-sept ans, et la bonté qui s’en allait de ses choses, Verlaine passe sous le pont de l’Université… Parmi les arbres en bourgeons le noir de la locomotive à la retraite…arrive du Japon..
 Passent, glissent comme un peigne dans cette chevelure dorée, la poésie du monde.
B.Cauvin©23/05/2016


vendredi 13 mai 2016

Danser avec les étoiles!

Photo prise par le télescope Hubble



Danser avec les étoiles !

Courir sous la pluie,
Sous la pluie d’étoiles,
Dans la lune noire,
Courir avec une pluie d’étoiles, 
S’envoler dans la poussière noire.
Impesanteur céleste,
Mouvance des corps vides,
Nager entre les météores,
Caresser la crinière de Halley,
Voguer sur la mer sombre,
Vers l’étoile de ses rêves,
Nuit éternelle dans sa beauté luisante,
Pixels explosés du miroir solaire,
Sortir du sas de la spirale Lactée,
Franchir Kepler, ouvrir sa ceinture,
Ramer dans l’océan univers,
À la poursuite d’Andromède,
Danser sur la scène de l’espace,
Danser au cœur des étoiles,
Rêve incompressible du disque dur intemporel,
Nage libre dans l’espace fusionnel,
Dans l’espace comme dans l’océan,
Se baigner dedans,
Le corps invisible et pourtant bien réel,
Nager, courir, danser sur la grande scène des étoiles,
La poussière aspirée par une main céleste.

B.Cauvin©10/05/2016