samedi 15 juin 2013

Benoît et le grand tour (82)


   Mais avant, passer par Udine, franchir le col arrivé à Villach, première ville escale Autrichienne, remonter vers Leoben, Wiener Neustadt et la capitale qu’il fallait découvrir. Le voyage est plutôt long, les routes sinueuses et boueuses. Le passage du col s’avéra épique, la montée semblait des plus dangereuses et bien des frayeurs s’emparèrent d’eux. Ils sortirent du carrosse pour marcher à ses côtés. Les ravins les
« effrayaient » un peu, les perturbaient, les chevaux aussi bien équipés d’œillères. Peu avant l’arrivée au col où la route s’élargie, pour une raison inconnue, les chevaux s’emballèrent, il n’y eu pas de panique, mais une certaine peur marqua l’instant. Benoît n’écoutant que son courage, son instinct, courra pour remonter vers la tête du train, il réussi à sauter sur le dos d’un cheval, Malvoisin tirait sur les rênes pour maîtriser l’attelage, des militaires en poste virent cette embardée arrivant vers eux, certains d’entre eux se portèrent au devant des chevaux et participèrent à l’apaisement de la chevauchée endiablée. Le carrosse mis à l’arrêt, Benoît tapota le cou de l’animal qu’il avait enfourché et en descendit. Il s’en était fallut de peu que disparaissent dans une chute vertigineuse tout espoir de finir le grand tour, carrosse réduit en miette, les chevaux et Malvoisin, entre autre, aller s’envoler vers le monde des étoiles. Une fois les équidés à l’arrêt total, calmé, il fut décider de faire une pause avant d’entamer la descente. Pause obligatoire, mais aussi forcée par les évènements, elle sera d’une heure, ce qui modifie légèrement l’emploi du temps, bien qu’il ne soit qu’approximatif, il faut compter sur des aléas comme celui là et la descente se semble pas de tout repos. Durant ce temps, des douaniers s’occupaient des formalités, de contrôle de routine, rien qui les intéresse pour un quelconque trafic, contrôle qui semble inutile car la contrebande ne semble pas passer par le passage officiel, mais ne sait on jamais, quelques audacieux !

 Benoît retrouvait sa sérénité, pas de suiveurs aux lames acérées qui auraient pu le transformer en nourriture pour la faune maritime dans un des canaux de la Cité Vénitienne. Heureusement il ne s’aventura jamais seul dans les ruelles ou en navigation sur les canaux cela le sauva s’en doute, bien que les plus sournois ne s’encombraient pas de scrupules et éliminer les accompagnateurs ne les auraient pas dérangé.


  L’aventure reprend, s’annonce, après un replat la descente vers la plaine, la vallée qui les mènera à Vienne. La voie est caillouteuse, bien damée, bordée de la muraille et des ravins que forme cette tranchée dans la montagne, un ancien chemin de mulet qui avec les efforts des hommes au travers des siècles, devient cette route reliant les hommes, facilitant leur déplacement. Les lacets en font le charme et la rendent moins difficile que cela semblait au départ. La pente est moins raide et ces boucles fréquentes en adoucies la déclivité.
 


vendredi 14 juin 2013

Benoît et le grand tour (81)

 

 L’hiver touchait à sa fin, le Siroco remontait vers la lagune, baignait les rues de cette ville qui dévorait tous les visiteurs leur laissant un goût amer d’un au revoir. Bientôt quand les cols seront praticables sonnera le départ pour Vienne.

 Il se peu que lors du carnaval ils croisèrent dans cette déambulation festive le chemin de Casanova, dont ils entendirent parler. A l’Opéra ils purent admirer Farinelli, mais pas  encore Mozart qui viendra plus tard déposer son empreinte dans la ville. Malvoisin aussi gardera un grand souvenir de ce carnaval, il endossa le costume de Polichinelle à merveille et en laissera quelques uns dans des tiroirs de passage, il y a des futurs pères qui n’y verront que du feu. Il commence à préparer le carrosse laissé loin en dehors de la ville, il visita le plus régulièrement possible ses chevaux en pension dans un relais hôtelier, il graissa les moyeux, s’assurent que les essieux ne soient pas fragilisés, qu’ils supporteraient l’assaut des monts, que le système de freinage sera efficace pour les descentes au cas où certaines d’entre elles voient leurs pentes un peu raide. Durant que Malvoisin s’occupait du moyen de transport, les garçons finissaient l’un de lire la Divine Comédie de Goethe  et l’autre le Décaméron de Boccace. Ils devaient quitter Venise à regret, mais aussi sous le regard bienveillant des autorités, un bijoutier cherchait des noises à Benoît. Heureusement qu’il bénéficiait de l’appui de leur hôte et de quelques notables de la cité. L’air devenait de plus en plus irrespirable pour lui. Outre le Siroco porteur d’une chaleur humide rendait la vie des ruelles plutôt malsaine, une aubaine pour eux, Malvoisin ne supportait plus cet air qui lui paraissait néfaste pour sa santé.

 A l’orée de la ville ce trouvait le plancher des vaches, avec l’aide de porteurs ils arrivent au relais où attend l’attelage, ils y passerons la nuit. Venise était déjà dans leur dos, ce sera la dernière nuit dans son aura, son cercle, son ombre lointaine déjà affichait le voyage qui allait repartir, une parenthèse qui renforça l’amitié des deux jeunes hommes, qui les rendit plus hommes, plus érudit aussi, Benoît pourra partager ses nouvelles connaissances avec ses sœurs, ses parents, une aubaine pour eux. Il ne s’ennuyait pas d’être loin d’eux, mais cela fait une année qu’ils ne se sont pas vu, parlé, il a l’impression que le débit des moulins va fonctionner comme la force d’un torrent qui manœuvre la roue pour moudre le grain, ici le grain sera les propos échangés, heureusement le courrier qu’il envoyait donnait de quoi patienter. La nuit, la dernière, au loin raisonne les carillons de Saint Marc et autres édifices religieux de la ville aux îles multiples, à l’aube dans les rougeurs du naissante de l’accouchement d’une journée printanière ils prendront la route pour Vienne. Le massif alpin à franchir avant de parcourir la folle descente vers le Danube.